Un cirque défie le maire d'une commune et s'installe quand même
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Un cirque défie le maire d'une commune et s'installe quand même

Des représentations auront bel et bien lieu.

HHolyDog Desk·7 avr.·5 min de lecture·18k vues

Le célèbre cirque Zavatta a décidé de s'installer illégalement à Vernon, dans le département de l'Eure, sur une friche appartenant à la Ville. Cette installation, qui s'est produite le lundi 3 avril, suscite de vives réactions de la part de la mairie de Vernon qui ne compte pas se laisser faire et a engagé des démarches judiciaires et administratives pour mettre fin à cette situation.

Le cirque a choisi pour lieu d'installation le parking de l'ancien magasin Lidl, situé dans le quartier de Vernonnet et fermé depuis 2016. Antoine Gougeon, un circassien du cirque Zavatta, justifie cette occupation illégale en expliquant que les lieux ne servent plus à rien et que le cirque est contraint d'agir ainsi. En effet, chaque année, le cirque Zavatta tente d'obtenir l'autorisation de s'installer à Vernon, mais fait systématiquement face à un refus. Selon Mickaël Dubois, un autre circassien, les représentants de la Ville condamnent cette installation illégale car ils n'acceptent pas les circassiens qui utilisent des animaux.

Les circassiens, déterminés à rester à Vernon jusqu'au 12 avril, sont régulièrement confrontés à la police municipale qui se rend sur place pour leur rappeler l'illégalité de leur installation. Antoine Gougeon et Mickaël Dubois dénoncent un acharnement de la part des forces de l'ordre et des élus locaux. Ils rapportent même que, mardi, des policiers les auraient menacés avec des fusils en main. Jérôme Grenier, premier adjoint au maire en charge des Ressources et du Développement urbain, réfute ces accusations et rappelle que plusieurs plaintes ont été déposées pour outrage et occupation illicite du domaine communal.

La mairie de Vernon soulève également la question du bien-être des animaux du cirque, évoquant des cas de maltraitance. Antoine Gougeon réfute ces allégations en affirmant que les animaux sont domestiques et ne sont pas maltraités. Il insiste sur le fait que les visiteurs ne voient pas d'animaux maigres ou malheureux. Toutefois, la Ville a coupé l'eau à la borne incendie proche, obligeant les circassiens à se ravitailler en eau au cimetière pour abreuver les animaux. Ces derniers sont nourris avec du foin et de l'herbe fraîche, qu'ils broutent sur le parc des Tourelles, situé en bord de Seine.

Les animaux du cirque, tels que des chameaux, des bovins, des chèvres, des chevaux, un lama et un cochon, suscitent l'intérêt des familles et des enfants. Toutefois, la loi prévoit l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques à partir de 2028. Antoine Gougeon estime que si les animaux exotiques disparaissent des cirques, il faudrait également supprimer les haras et les zoos. Jérôme Grenier rétorque que la Ville est très attentive au bien-être animal et que les circassiens doivent s'adapter à cette réalité, ce qui n'est pas le cas actuellement pour le cirque Zavatta.

Malgré l'opposition de la mairie, le cirque Zavatta prévoit de donner sa première représentation le vendredi 7 avril. Jérôme Grenier affirme que l'objectif de la Ville est d'empêcher l'installation du chapiteau et de faire en sorte que le cirque quitte rapidement Vernon. Pour appuyer cette démarche, les panneaux publicitaires du cirque, placés sur la ville, ont déjà été saisis.

Le cirque Zavatta, quant à lui, entend maintenir sa position et prévoit de proposer des représentations jusqu'au 12 avril avant de partir pour une autre ville. Cette situation tendue met en lumière les enjeux liés au bien-être animal, aux autorisations d'installation des cirques et à la légalité des installations temporaires sur des terrains appartenant aux communes. Les autorités locales et les circassiens devront trouver des solutions pour concilier les besoins des cirques, le respect des réglementations et la préservation du bien-être animal.