L'association One Voice dénonce les manquements à la loi sur la protection animale
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L'association One Voice dénonce les manquements à la loi sur la protection animale

Il existe encore une porte de sortie pour les cirques et les zoos.

HHolyDog Desk·11 août·5 min de lecture·18k vues

Défis et déceptions entourent la mise en œuvre de la loi pour le bien-être animal de 2021, et la présidente de l'organisation One Voice, Muriel Arnal, n'hésite pas à pointer du doigt les failles qui ont émergé. Cette loi, qui se donnait pour mission de lutter contre la maltraitance animale, devait également consolider le lien entre les animaux et les humains. Pourtant, derrière cette intention louable, plusieurs problèmes pratiques et incohérences apparaissent, en particulier concernant l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques itinérants à partir de 2028 et la fin des spectacles de cétacés dès 2026.

La loi, qui a été largement médiatisée, devait marquer un tournant majeur pour le bien-être des animaux sauvages impliqués dans les divertissements humains. Cependant, l'application de ces interdictions se heurte à des défis pratiques, en particulier en ce qui concerne le relogement adéquat des animaux affectés. Une porte de sortie a été laissée pour le ministère de la Transition écologique, qui peut déroger à l'interdiction si aucune capacité d'accueil favorable au bien-être des animaux n'est disponible.

L'introduction de cette clause d'exception soulève des questions quant à la sincérité de l'intention derrière la loi. Une situation similaire se présente pour les cétacés, qui peuvent rester captifs dans leurs parcs actuels en participant à des programmes scientifiques agréés. Cependant, les décrets et arrêtés nécessaires pour régir ces exceptions n'ont pas encore été publiés.

La situation des cirques itinérants suscite également des préoccupations. Un récent arrêté a établi une équivalence entre les certificats de capacité des cirques et ceux des zoos. Cette décision a soulevé des interrogations quant à la pertinence de cette mesure pour le bien-être des animaux. Plutôt que de renforcer la protection des animaux sauvages, cela semble offrir une porte de sortie pour continuer à les exploiter.

La loi devait marquer un tournant majeur pour le bien-être des animaux sauvages impliqués dans les divertissements humains.

L'aspect financier est également problématique. Le gouvernement a budgété 35 millions d'euros pour la reconversion des circassiens itinérants impactés par l'interdiction. Cependant, seulement 4,3 millions d'euros ont été alloués à la création de refuges pour les animaux sauvages retirés des cirques. Ces subventions ne couvrent que les dépenses d'investissement, laissant les coûts de fonctionnement à la charge des refuges.

Ce contraste frappant soulève des questions quant aux véritables intentions du ministère et à sa détermination à garantir un avenir décent pour les animaux sauvages et les cétacés captifs. Sans un engagement solide envers la création de refuges adéquats, il est à craindre que les établissements itinérants continueront d'exploiter les animaux.

La situation des cétacés est également préoccupante, avec des delphinariums qui cherchent à se débarrasser de leurs animaux à l'étranger. Cependant, la solution n'est pas simplement de les déplacer, mais de leur offrir un environnement adéquat. Malheureusement, le ministère semble hésiter à financer ces initiatives, optant pour une étude de faisabilité plutôt que de prendre des mesures concrètes pour créer des sanctuaires.

La position du ministère est délicate, coincé entre les attentes des professionnels du divertissement animalier et les revendications des défenseurs des droits des animaux. Les députées rapporteuses de l'application de la loi ont également exprimé leurs inquiétudes concernant ces questions. Il est crucial de trouver un équilibre entre ces positions pour garantir la mise en œuvre effective de la loi et la protection des animaux.

Cette situation appelle à une réflexion plus profonde sur la manière dont la société traite les animaux sauvages dans un contexte de divertissement. Les défaillances dans la mise en œuvre de la loi soulignent la nécessité de politiques plus cohérentes et d'un engagement accru en faveur du bien-être animal. Sans cela, les objectifs de la loi risquent de rester lettre morte, laissant les animaux sauvages et les cétacés captifs dans des conditions précaires et contraires à l'esprit de la loi.

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