À Quissac, une localité du Lot, un loup a été récemment abattu après avoir menacé un troupeau de brebis. Ce tir de défense, sanctionné par un arrêté préfectoral, a suscité l'indignation d'une association de protection de la nature, Nos Viventia. Elle remet en question la véritable volonté des éleveurs à protéger leurs troupeaux.
Le 5 août, au cours de la nuit, cet animal sauvage a été tué suite à un tir de défense. L'Office français de la biodiversité (OFB) du département rapporte que depuis 2022, année où la présence du loup a été officiellement confirmée, 106 prédations lui sont attribuées.
L'association Nos Viventia, fondée en 2020 par l'expert et militant anti-chasse Pierre Rigaux, se consacre à la protection des vivants, incluant écosystèmes et animaux. Très active, elle diffuse souvent des enquêtes vidéos pour mettre en lumière les conditions de vie des animaux, principalement dans les élevages.
Suite à l'incident de Quissac, l'association a partagé une vidéo pour mettre en lumière certaines anomalies. Le président de l'association, en se rendant sur place, déclare : "Regardez, les brebis ne sont même pas protégées, n'importe quel prédateur pourrait sauter cette clôture". Il illustre ses propos en franchissant aisément la barrière.
Pierre Rigaux insiste : "Si c'est si simple pour moi d'accéder au troupeau, imaginez pour un loup déterminé". À ses yeux, le vrai problème réside dans le manque de dispositifs de protection. Des solutions existent, comme les clôtures électriques, la présence de bergers ou encore les chiens de protection.
N'oublions pas que le loup bénéficie d'une protection spéciale. Son abattage est proscrit sauf dans des cas exceptionnels autorisés par la préfecture. Cette mesure de protection ne date pas d'hier : elle remonte à la Convention de Berne en 1990. Par ailleurs, l'Union internationale pour la conservation de la nature classe le loup parmi les "espèces vulnérables".
Pierre Rigaux évoque une certaine réticence des éleveurs à sauvegarder leurs troupeaux. Il déclare avec véhémence : "Il n'y a aucune volonté des éleveurs de protéger les brebis ici, la seule volonté c'est d'éliminer les loups". Il aborde aussi la question financière en précisant que les mesures de protection bénéficient d'une subvention à hauteur de 80%, s'ajoutant aux aides régulières destinées aux éleveurs.
La mort du loup à Quissac soulève un débat de fond : comment assurer une cohabitation pacifique entre les prédateurs sauvages et les activités humaines ? Les éleveurs peuvent-ils vraiment compter sur des mesures de protection efficaces ? Et surtout, quelle place accorder à ce prédateur dans nos paysages ?


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