En France, de plus en plus de personnes sont victimes d'individus peu scrupuleux dans le cadre d'un vaste trafic de chiots venus de l'Est, comme le rapporte le magazine Slate.Le prix attractif des animaux, présentés comme des animaux de races, bien inférieur à celui demandé par un éleveur sérieux, est un argument imparable, mais qui cache une réalité beaucoup plus difficile. Bon nombre de ces chiots importés de l'Est sont en réalité malades à leur arrivée en France, en raison des conditions d'élevage tout bonnement indicibles qu'ils subissent.
Source : Pixabay
On trouve de nombreux témoignages de maîtres démunis face à l'état de leur animal, qui se révèle au fil des mois. C'est notamment le cas de Sarah, qui a expliqué à Slate avoir acheté un Poméranien pour 800 euros sur le Bon Coin, à une Française et à un Ukrainien. Si tout se passait bien au début, Sarah confie :
Quand on faisait des longues balades, il avait vite l'air fatigué. Il était fébrile, il avait une respiration hyper saccadée, mais rien de sévère, sinon je l'aurais emmené chez le vétérinaire.
Malheureusement, quelques mois après son acquisition, le chien est décédé chez le vétérinaire d'une malformation cardiaque. Sarah avoue :
Après coup, je me suis dit que j'aurais dû poser plus de questions. Mais je n'y connaissais rien aux chiens. Français ou ukrainien, c'était la même chose pour moi.
Le marché des animaux de compagnie génère plus d'un milliard d'euros par an en Europe. Rien d'étonnant, alors, que des individus avides choisissent d'en profiter. On estime à environ 50 000 le nombre de chiens entrant illégalement en France chaque année.
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Ces chiens proviennent de véritables élevages-usines, où les portées s'enchaînent sans répit pour les femelles et dans des conditions sanitaires catastrophiques. Václava Brabcová, directrice de la Société pour la protection des animaux abandonnés tchèque, explique :
Il n'est pas rare de trouver des dizaines voire parfois des centaines d'animaux dans des endroits laissés à l'abandon, sans soins médicaux, sans alimentation adéquate et sans liberté de mouvement.
Elle continue :
Les femelles mettent bas aussi régulièrement que possible et on leur donne même parfois des hormones pour accélérer le processus. Les animaux sont malades, souffrent d'infections et de parasites, et des chiens d'une même famille s'accouplent souvent ensemble.
Ces conditions créent des chiots très souvent en mauvaise santé, porteurs de maladies congénitales. La bonne affaire du début, avec un chiot à moitié prix, se fait très vite oublier face aux frais vétérinaires engendrés. Un ancien revendeur révèle :
Les chiots les plus malades paraissent vifs et en forme aux acheteurs grâce à des injections d'adrénaline, mais la réalité ne tarde pas à les rattraper.
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Et malheureusement, la popularité des sites de petites annonces ne permet pas un contrôle efficace pour lutter contre ce type de transaction. Certains revendeurs n'hésitent pas non plus à falsifier les actes de naissance des animaux. Arnaud Lhomme, enquêteur à la Fondation 30 Millions d'Amis, explique :
Les gens veulent des animaux très, très jeunes. Quatre mois, c'est déjà vieux pour les gens qui veulent adopter un tout petit chiot, donc il va y avoir de fausses déclarations de naissance et de fausses dates de vaccin antirabique.
Les moyens mis en place pour lutter contre ces trafics sont pour le moment hélas insuffisants, d'autant que l'Union Européenne ne dispose pas d'une législation commune entre les États membres sur le transport d'animaux. Les trafiquants ont ainsi encore de beaux jours devant eux.La seule réponse à apporter, pour le moment, vient du particulier souhaitant adopter un animal. Méfiez-vous des annonces trop alléchantes. Si vous souhaitez accueillir un chien, tournez-vous plutôt vers des refuges ou des associations. Si vous souhaitez un chien de race, prenez contact avec un éleveur sérieux.


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