Des propriétaires de chenil condamnés pour maltraitance
Cinq personnes comparaissaient devant le tribunal correction de Lille pour de terribles actes de maltraitance.
HHolyDog Desk·17 juil.·4 min de lecture·18k vues
Cinq personnes comparaissaient aujourd'hui, vendredi 10 février 2023, devant le tribunal correctionnel de Lille. Elles étaient accusées de sévices graves ou actes de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort, comme le rappelle le site de la Fondation 30 Millions d'Amis. Les faits remontent à mars 2022. Les gendarmes avaient découvert, dans un chenil de Wavrin (Nord), près de 130 animaux détenus dans des conditions indicibles.
Les faits qui sont reprochés aux prévenus font froid dans le dos. La procureure de la République a notamment expliqué :
Ces personnes sont suspectées de maltraitance et de sévices graves envers des animaux domestiques, en particulier d’actes de torture (tels que des pendaisons entraînant la mort de l’animal) et d’actes vétérinaires illégaux (trafic de puces, euthanasies non réglementées).
Les accusés appartiennent à la même famille. Ils prétendaient être à la tête d'un élevage de chiens et d'une école de formation de maître-chien.La Fondation 30 Millions d'Amis s'est portée partie civile dans cette affaire. Maître Xavier Bacquet, son avocat, a déclaré :
Nous sommes sur une affaire très lourde en termes d’actes de cruauté. La notion du respect du vivant y est inexistante. L’animal est considéré comme un vulgaire objet !
Cinq personnes sont poursuivies pour de graves actes de maltraitance. (Illustration : Pixabay)
Il ajoute :
L’un des prévenus pendait un chien et chronométrait le temps qu’il mettait pour mourir. On atteint des sommets dans l’ignominie. Quelqu’un qui est capable de faire cela, jusqu’où peut-il aller ?
Avant de préciser :
Cette affaire montre deux choses. La perversité de l’Homme, d’une part, pour ce qui concerne les atteintes aux animaux. Et l’insuffisance de la réponse pénale dans ce type de dossier. Tant que nous n’aurons pas une infraction contre les trafics d’animaux, ces horreurs pourront continuer… C’est un vrai combat à mener. Une infraction de trafic d’animaux aurait permis au Parquet de poursuivre plus largement au regard de la provenance des chiens, question que pose cette affaire, et du trafic constaté des puces électroniques permettant de les identifier.
L'un des prévenus, Didier D., avait déjà subi une composition pénale, c'est-à-dire une alternative aux poursuites pour les primo-délinquants, en 2011, dans le cadre de pratiques commerciales trompeuses d’animaux. Ce sont les plaintes de propriétaires qui ont lancé l'enquête sur ce chenil de l'horreur. L'un d'eux a expliqué au journal 20 Minutes :
J’avais confié mon chien, un malinois, à cette pension pour chien de Wavrin en juillet. Quand j’ai appelé, une dizaine de jours plus tard, pour prendre des nouvelles, on m’a appris que mon chien était mort depuis deux jours, sans avoir été prévenu. Il aurait succombé à une blessure à la patte due à une tôle.
Mais le propriétaire a rapidement questionné cette version des faits :
Mon chien, qui était en parfaite santé, est mort d’une congestion pulmonaire, selon l’autopsie. Il avait forcément reçu un choc.
Le jugement n'est pas encore connu. Les accusés, dont un père et deux fils, risquaient jusqu'à cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende.
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