Des poulets "brûlés" vifs dans une vidéo exposée au musée
Le Musée d'art contemporain (MAC) de Lyon se retrouve sous le feu des critiques après la diffusions d'une vidéo mettant en scène des poulets "brûlés vifs".
HHolyDog Desk·30 mai·4 min de lecture·18k vues
Le Musée d'art contemporain (MAC) de Lyon se retrouve sous le feu des critiques après la diffusions d'une vidéo mettant en scène des poulets "brûlés vifs" .L'œuvre, baptiséePrintemps, est diffusée depuis le jeudi 8 mars, sur plusieurs murs du musée ; les poulets, pendus par les pattes, brûlent, vivants, sous les yeux des visiteurs. Adel Abdessemed, l'artiste à l'origine de la performance, a aussitôt été très décrié sur les réseaux sociaux.
Source : Adel Abdessemed
Du côté du musée, les responsables ont apporté leur soutien à Abdel Adbessemed, en déclarant dans un communiqué lundi matin :
Cette œuvre vidéo a été réalisée au Maroc avec une équipe de techniciens créateurs d’effets spéciaux pour le cinéma, qui utilisent couramment ce produit pour créer des effets de flammes et d’incendie qui sont sans danger.
Adel Abdessemed l’a d’ailleurs auparavant utilisé sur lui-même pour son œuvre Je suis innocent qui le montre en flammes, comme les poulets de Printemps, qui n’ont été soumis à cet effet de flammes que pendant 3 secondes et sous le contrôle strict des techniciens et de l’artiste pour éviter toute souffrance.
Le musée d'art contemporain de Lyon ne compte pas retirer l'œuvre de son exposition et rappelle que les visiteurs peuvent éviter la salle où sont diffusées les images incriminées. Il affirme également qu'aucun des oiseaux n'a souffert. Une explication qui ne convainc guère les associations de défense.La PETA a notamment fait savoir, par l'intermédiaire de son propre communiqué :
Ceci n’est pas de l’art, c’est de la cruauté envers les animaux. Que l’artiste ait utilisé un trucage ou non, les poulets exploités dans la « performance » d’Adel Abdessemed ont été suspendus à l’envers par des crochets, exhibés à des spectateurs et confrontés à la présence de flammes sur leur corps – une expérience terrifiante et traumatisante pour ces êtres sensibles et intelligents
L'association conclut :
Ce traitement cruel d'individus innocents n'a pas sa place à notre époque, et certainement pas dans un espace culturel.
La Fondation Brigitte Bardot a également exprimé sa colère quant à la diffusion dePrintemps, qui restera au MAC, si l'œuvre n'est pas retirée entre-temps, jusqu'au 8 juillet.
Source : Taxidermy in Art
Ce n'est hélas pas la première fois que des artistes exploitent la souffrance animale pour une performance.Jan Fabre, artiste flamand, s'était attiré les foudres des défenseurs des animaux lorsqu'il avait utilisé des dépouilles de chiens, suspendues à des crocs de boucher.En 2007,Guillermo Vargas avait exposé un chien errant et squelettique dans une galerie au Nicaragua. L'animal était mort quelques heures plus tard. Les exemples de ce type sont hélas de plus en plus nombreux, au nom d'un art contemporain qui ne cesse de chercher à choquer, en quête d'une performance qui ne prend plus en compte la souffrance.
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