Les chiens cobayes sacrifiés inutilement dans l'affaire Biotrial nous rappellent l'absurdité de l'expérimentation animale
AccueilStoriesPopulaire aujourd'hui

Les chiens cobayes sacrifiés inutilement dans l'affaire Biotrial nous rappellent l'absurdité de l'expérimentation animale

L'expérimentation sur des chiens est encore très utilisée dans les laboratoires pharmaceutiques.

HHolyDog Desk·12 juil.·5 min de lecture·18k vues

Depuis janvier, le laboratoire Biotrial fait les gros titres de l'actualité. L'essai clinique conduit par la firme au CHUde Rennes a en effet coûté la vie à un patient de 59 ans et conduit à l'hospitalisation de cinq autres.Viennent aujourd'hui s'ajouter plusieurschiens cobayes qui ont succombé aux essaispré-cliniques de la molécule en test, a rapporté Le Figaro.

Source : @Forcechangecom

Selon le quotidien, cinq seraient morts et d'autres présenteraient des séquelles neurologiques graves.Leschiens cobayes auraientreçu des doses du médicament 50 à 100 fois supérieures à celles qui seront administrées aux volontaires humains. Comme dans n'importe quel test de toxicologie, la première phase d'essai consiste en effet à déterminer le seuil létal sur les sujets animaux.

biotrial-chiens-laboratoire-6

Source : @UnderstandingAnimalResearch

François Peaucelle, le directeur général de Biotrial, explique ainsi froidement à l'AFP :

Après, le fait que des animaux meurent dans des études de toxicologie, c'est le principe même des études de toxicologie : on va pousser les doses le plus loin possible pour voir justement les doses qui sont tolérables et celles qui ne le sont pas.
biotrial-chiens-laboratoire-7

Source : @WeAnimals

Depuis la partution de l'article du Figaro, le laboratoire Biotrial a démenti être à l'origine de ces tests sur les animaux. Toujours selon François Peaucelle, ils auraient été réalisés par un autre sous-traitant du laboratoire Bial, le concepteur du médicament testé.Mais cela ne change rien au sacrifice des animaux. Et comme le rappelle 30 Millions d'Amis, ces tests létaux sont la réalité quotidienne de milliers d'animaux utilisés par les laboratoires qui pratiquent la vivisection.

"L'homme n'est pas un rat de 70 kg"

L'affaire Biotrial démontre une nouvelle fois les limites de l'expérimentation animale et la difficulté de transposer les résultats aux êtres humains. Depuis plusieurs années, de nombreuses voix s'élèvent pour défendre des méthodes alternatives.

biotrial-chiens-laboratoire-1

Source : @VeggieWorld

Parmi elles, l’association Antidote Europe qui rassemble des chercheurs éminents opposésà l’expérimentation animale pour des raisons strictement scientifiques, explique ainsisur son site :

Il est très important que le public apprenne qu’il n’y a pas consensus au sein de la communauté scientifique et médicale. Beaucoup de questions (dont la pertinence du « modèle animal ») font débat. C’est important parce que plusieurs réglementations dont notre santé dépend se fondent sur l’hypothèse que le « modèle animal » serait pertinent pour prévoir les réactions physiologiques humaines.

"L'homme n'est pas un rat de 70 kg",rappelait ironiquement le toxicologue Thomas Hartung dans la revue Nature en 2009.

Plus de 3000 chiens cobayes en France

Sur les 2 millions d’animaux utilisés chaque année en France dans les laboratoires, près de 3000 sont des chiens. Des Beagles surtout, mais aussi des Briards et des Goldens Retrievers.

Source : @Rue89

Pourquoi des chiens ? Leur utilisation peut en effet surprendre.François Lachapelle, le président du Groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche (Gircor)a expliqué la raison au JDD:

D’abord, parce que nous partageons avec lui une plus grande proximité génétique. Mais aussi parce que sa taille et son poids sont proches de ceux d’un enfant, sa fréquence cardiaque voisine de la nôtre. Et parce qu’on peut mener sur lui des études de long terme… La souris, elle, ne vit pas plus de 2 ans.

Source : @Perseides

Pour plus d'informations sur la réalité de l'expérimentation animale en France, nous vous renvoyons au livre d'Audrey Jougla, "Profession : animal de laboratoire",fruit d'une enquête d'un an dans les laboratoires publics et privés.

Une pétition pour l'interdiction définitive de l'expérimentation animale

Si depuis 2013, l'expérimentation animale est interdite dans l'Union européenne pour lesproduits cosmétiques, plus de 12 millions d'animaux continuent de vivre l'enfer des laboratoires pour le compte de la recherche.

Source : @SoCurious

La Fondation 30 Millions a lancé une pétition pour mettre fin à cette pratique et développer des méthodes alternatives. Près de 200 000 personnes l'ont déjà signée.Pour ajouter votre voix, c'est ici.

*      *      *

Sur le même sujet

Et si cette minuscule puce mettait fin à l’horreur des tests sur animaux ?

*      *      *