De plus en plus de chevaux sont abandonnés à cause de l'inflation
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De plus en plus de chevaux sont abandonnés à cause de l'inflation

En France, l'inflation croissante pousse de nombreux propriétaires à abandonner leurs chevaux, mettant en danger le bien-être des équidés. Cette crise équine soulève des préoccupations majeures quant à la protection des animaux et à la capacité des refuges à faire face à cette situation.

HHolyDog Desk·23 sept.·4 min de lecture·18k vues

À l'île d'Oléron, un refuge pour équidés fait face à une montée alarmante d'abandons de chevaux, directement attribuée à des difficultés financières croissantes. Cette situation met en péril les opérations de sauvetage déjà coûteuses de l'association.

Robe brillante et regard apaisé, Hadès, un poney noir, profite de sa nouvelle vie paisible au milieu d'un troupeau tout aussi détendu. Pourtant, son passé est tumultueux, marqué par l'abandon dans un marais. Katia Morgat, présidente de l'Association de protection des ânes et des chevaux (APAC 17), explique : "Il est arrivé chez nous sauvage et très apeuré."

Situé dans l'île d'Oléron, en Charente-Maritime, le refuge pour équidés de l'APAC 17, créé en 2001, abrite actuellement 63 pensionnaires sur un site conçu pour en héberger 35. Tous ces chevaux ont été maltraités, saisis ou abandonnés, et certains sont proposés à l'adoption ou en parrainage.

Le refuge connaît une demande exponentielle de nouveaux arrivants, avec des signalements réguliers. Ces derniers mois, Katia Morgat constate que de plus en plus de cas sont liés aux difficultés financières des propriétaires, illustrant la montée de l'inflation. Elle explique : "Il y a des gens qui sont actuellement en grande difficulté, qui ne mangent pas trois repas par jour. Alors, débourser de l'argent pour un cheval, ils ne peuvent plus."

Les prix en constante augmentation du foin et des granulés, de 30 à 50 % en un an, alourdissent encore plus la facture, alors que le coût de l'entretien d'un cheval est déjà élevé, dépassant les 200 euros mensuels minimum, sans compter les éventuels frais vétérinaires inaccessibles pour beaucoup. Face à cette situation, l'APAC 17 est submergée, l'association étant elle-même victime de l'inflation, et a lancé un appel aux dons l'hiver dernier pour survivre.

L'association est confrontée à des problèmes financiers majeurs, et Katia Morgat exprime son inquiétude : "Financièrement, on ne s'en sort plus. Physiquement, c'est difficile également. Il faudrait augmenter le temps de travail de nos deux salariés. C'est un vrai drame, car de nombreux équidés attendent d'être sauvés et nous ne pouvons plus les accueillir. Je ne sais pas combien de temps on va tenir. Si on ferme, la plupart de nos pensionnaires seront euthanasiés."

Ce flot continu d'abandons n'est pas limité à l'île d'Oléron. À la Société protectrice des animaux (SPA), les observations sont similaires, bien que l'on ne puisse pas encore parler d'une explosion du nombre de cas.

Stéphanie Girard, responsable du Grand refuge de Pervenchères, dans l'Orne, indique : "Habituellement, les abandons surviennent davantage en automne et en hiver, pendant les périodes où il faut plus nourrir les chevaux. En 2023, nous en avons eu dès le printemps et l'été alors qu'il y avait de l'herbe dans les prés. Nous en sommes déjà à une centaine de prises en charge en août, généralement nous sommes à 150 sur l'année. Nous avons aussi eu plus de demandes que d'habitude d'aide aux soins pour les équidés que la SPA propose aux personnes non imposables. Les propriétaires tirent la sonnette d'alarme."

En conclusion, l'inflation croissante et les difficultés financières poussent de plus en plus de propriétaires à abandonner leurs chevaux, mettant en danger les refuges pour équidés qui tentent de les sauver. Cette situation alarmante nécessite une prise de conscience collective et des mesures pour soutenir les organismes de protection des animaux.

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