La mort d'Elisa Pilarski, ainsi que le rapport de deux vétérinaires et les premiers résultats ADN, ont fait les gros titres ces derniers jours. Les analyses pointent du doigt Curtis, le chien du compagnon de la jeune femme, Christophe Ellul, et semblent donc disculper les chiens de chasse à courre, eux aussi présents dans la forêt au moment de la mort d'Elisa.Mais le collectif Abolissons la Vénerie Aujourd'hui a malgré tout tenu à rappeler la réalité que connaissent ces animaux. L'innocence des chiens dans le décès tragique d'Elisa ne doit pas faire oublier la façon dont ils sont dressés à la chasse. Ainsi, AVA explique que les animaux sont créancés, c'est-à-dire qu'ils sont conditionnés à chasser un animal, et pas un autre.
On créance les chiens de chasse en les familiarisant avec l’animal choisi (gibier laissé dans une cage ou dépouille laissée à la meute) ou encore directement par la pratique : pendant les chasses, les veneurs tentent d’arrêter les chiens fautifs par la voix et le fouet lorsqu’ils partent sur un autre animal que celui auquel ils sont destinés.
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Pour autant, est-il possible d'empêcher les chiens de dévier de leur "mission" ? Non, et c'est souvent bien cela que les chasseurs tentent de corriger, avec plus ou moins de succès. AVA le souligne d'ailleurs bien, en expliquant qu'"il est tout simplement impossible de paramétrer la prédation des chiens jusqu’à une telle robotisation". Quant aux chiens du Rallye de la Passion, impliqués dans l'affaire Pilarski, les vétérinaires les ont bel et bien examinés. Mais AVA dénonce une conclusion superficielle, des commentaires "venus tout droit de l’imaginaire qui entoure la vénerie, fantasmé par les veneurs eux-mêmes". On peut ainsi lire page 9 :
Lors de la chasse, la mise à mort n’est pas le fait des chiens, mais de l’homme. […] Ces chiens sont dressés à la poursuite d’un gibier donné, pas à la morsure.
Hors, d'après AVA, cette affirmation est tout bonnement fausse. Certains chiens échappent au contrôle des chasseurs, ce qui oblige d'ailleurs souvent ces derniers à parcourir la forêt pour retrouver les fugueurs. De même, il arrive que les chiens participent bel et bien à la mort de la proie.
Dans le cas notamment du chevreuil (animal chassé par le Rallye La Passion), sa petite taille en fait une proie facile pour la meute, qui va alors le “coiffer” (l’attraper au niveau des oreilles) ou le mordre au niveau du cou ou de l’arrière-train pour le mettre à mort. On dit d’ailleurs traditionnellement que les chiens “portent bas” le chevreuil eux-mêmes, contrairement aux chasses aux gros gibiers où le rituel veut que ce soit le veneur qui “serve” (mette à mort à l’arme blanche) l’animal quand il n’est pas déjà mort d’une crise cardiaque.

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L'association ajoute :
L’objectif des veneurs est alors d’arriver le plus vite possible afin de mettre définitivement fin à l’agonie de l’animal mais surtout de pouvoir conserver une dépouille suffisamment entière pour procéder au rituel de la “curée”. Pour pouvoir être présents au moment de la capture de l’animal, les veneurs doivent réussir à “être aux chiens”. La meute évoluant en liberté, parvenir à rester auprès des chiens n’est absolument pas un paramètre constant. C’est une possibilité qui varie selon tous les éléments environnants imaginables (relief, végétation, parcours de l’animal, nombre de participants, niveau de connaissances des veneurs, dispersion des chiens, etc.).
Le rapport vétérinaire conclut que les chiens du Rallye de la Passion ne peuvent avoir une attitude prédatrice envers l'homme. Il affirme en outre qu'un chien socialisé ne peut faire montre de comportement agressif envers un humain qu'il connaît – argument contredit quelques lignes plus tard dans le cas de Curtis. AVA indique ainsi que "lorsqu’ils sont face à leur proie, les chiens de meute sont dans un tel niveau d’excitation que certains en viennent à mordre l’humain".L'organisation ne dispute pas les conclusions du rapport vis-à-vis de Curtis, mais remet en doute les affirmations péremptoires avancées quant au comportement des chiens de chasse à courre en général. AVA conclut :
Les chiens de chasse à courre sont élevés et vivent de sorte à cultiver et exacerber leur comportement de prédation : vie en meute, viande de l’animal chassé donnée aux chiens, sortie en extérieure quasiment exclusivement pour la chasse, etc. Pour comprendre ce comportement et le mesurer, il est indispensable de le voir à l’œuvre. [...] Nous espérons que ce savoir collectif que nous partageons aujourd’hui permet de mieux comprendre et d’appréhender la question de la compatibilité de la chasse à courre avec la vie du reste de la population, dont les témoignages sur les chiens de meute abondent.


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