Ces artistes qui malmènent, blessent ou tuent des animaux au nom de l'art
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Ces artistes qui malmènent, blessent ou tuent des animaux au nom de l'art

Les animaux constituent, depuis la nuit de temps, une inépuisable source d'inspiration artistique..

HHolyDog Desk·10 juil.·9 min de lecture·18k vues

Les animaux constituent, depuis la nuit de temps, une inépuisable source d'inspiration artistique... Bien malgré eux.Ces derniers années, de nombreux artistes ont scandalisé l'opinion publique en utilisant des animaux pour les besoins de leurs oeuvres, et en le faisant bien souvent dans un mépris total de leur intégrité physique et morale.Chiens empaillés, cochons tatoués, poissons mixés,... Les oeuvres d'art moderne basées sur la souffrance animale ne manquent pas.Comme l'explique Jean-Baptiste Jeangène Vilmer dans un article intitulé « Animaux dans l’art contemporain : la question éthique », on distingue en la matière trois cas de figures : les animaux déjà morts, dont les dépouilles sont exploitées par les artistes, ceux qui sont tués pour l'oeuvre, et enfin, ceux qui sont tués par l'oeuvre, dont le principe repose sur leur agonie.

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Source : Taxidermy in Art

Ainsi, de Jan Fabre qui a suspend des chiens empaillésau musée russe de l’Ermitage à Iris Schieferstein, une styliste aux créations morbides qui fait l'objet d'une pétition, nombreux sont les artistes contemporains qui élaborent leurs oeuvres à partir de peaux ou d'organes d'animaux.En 2005, cette dernière confectionne par exemple une paire de bottes à partir de sabots de chevaux obtenus auprès d'abattoirs. Si ces créations ont été faites à partir de dépouilles et n'ont donc pas, techniquement, causé la mort de l'animal en question, la démarche dégoûte et choque.

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Source : Journal du Design 

Pire encore, certains artistes utilisent un animal vivant pour exprimer leur "génie créatif" au nom d'un art contemporain qui semble désormais dénué de toute frontière morale et qui base son succès sur une provocation toujours plus racoleuse. Dernier exemple en date, celui du belgeWim Delvoye, qui élève des cochons fermiers dans le but de tatouer leurs corps puis d'exposer leur peau tannée au même titre qu'une toile.

 

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Source : Wim Delvoye 

Un incontestable acte de cruauté animale, n'ayant pour objectif que de répondre à l'inventivité égocentrique de son auteur, qui sert au passage sa soif de notoriété.Que dire, alors, de ceux qui maltraitent, sans équivoques, chiens, chats ou cochons et vont parfois jusqu'à causer délibérément leur mort pour les besoins d'une oeuvre ?

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Source : Wim Delvoye 

En 2007, l'artiste costaricain Guillermo Vargas (dit Habacuc) expose un chien errant squelettique dans une galerie au Nicaragua. L'animalmourra de faim quelques heures plus tard sans que l'artiste ne daigne faire la lumière sur l'affaire, se contentant de dénoncer "l'hypocrisie" populaire.Révoltés, les internautes seront plus de deux millions et demi à signer contre l'auteur de cette oeuvre abjecte.

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Source : Wikipédia

Leplasticien belge Jan Fabre, quant à lui, a jugé acceptable de jeter des félins - consumés par le stress - depuis les escaliers de la maison communale d'Anvers pour démontrer qu'un chat "retombetoujours sur ses pattes». Répondant au tollé qui s'ensuivra, il affirme que les propriétaires des chats malmenés avaient donné leur autorisation et qu'aucun chat n'a été blessé.

Ces dérives éhontées d'un art moderne qui accorde une place grandissante au sensationnel livrent plusieurs enseignements sur notre société et ses moeurs. D'abord, qu'il est encore autorisé - d'un point de vue légal - d'exploiter et de malmener un animal au nom de l'art ou du divertissement ; ensuite, que la violation de l'intégrité physique des animaux est encore moralement tolérée.

Cela démontre enfin, que subsiste une arbitraire hiérarchisation des espèces animales, qui ne sont pas toutes traitées à la même enseigne. Les actes de cruauté visant les chiens et les chats - qui partagent notre quotidien - suscitent une indignation bien plus grande que ceux commis sur d'autres animaux, considérés à tort comme moins intelligents ou moins sensibles, et dont la violation des droits a été banalisée par l'industrie agro-alimentaire.

Sans surprise, au grand dam des spécistes qui oeuvrent pour que soit reconnue et appliquée l'égalité entre espèces animales, le sort de poissons ou d'insectes sacrifiés pour l'art émeut moins. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer explique :

L’indignation est spéciste et anthropocentrique : elle discrimine selon l’espèce et diminue au fur et à mesure que l’animal concerné s’éloigne de l’homme. 

Ainsi, en 2012, près de 9 000 papillons meurent pour les besoins de l'exposition In and Out of Love de l'artiste britannique Damien Hirst à la Tate Modern de Londres. Les insectes colorés sont enfermés dans deux salles sans fenêtres où ils virevolent dans tous les sens, créant par la-même une atmosphère féérique. La réalité est pourtant moins reluisante : dans de telles conditions, les papillons meurent par dizaines chaque jour et les salles ont doivent être "réapprovisionnées" à raison de 400 papillons par semaine.

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Source : MaPlanete.com

Même histoire pour Marco Evaristti, artiste chilien qui, en 2003, dans une oeuvre aux accents d'expérience sociale, expose des poissons rouges dans des mixeurs branchés ; dans le contexte de l'exposition, le public est autorisé à déclencher leur mort en appuyant sur le bouton de l'appareil. Deux poissons rouges seront réduits en bouillie lors de l'inauguration. Malgré les nombreuses plaintes puis poursuites judiciaires contre le directeur du musée, ce dernier a été relaxé au motif que les poissons n'auraient pas eu le temps de souffrir...

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Source : Challenges of Art

À l'heure où de plus en plus de citoyens remettent en question la cruauté animale insufflée par l'industrie-agroalimentaire et se tournent vers des régimes sans viande, faire souffrir un animal au nom de l'art apparait plus que jamais comme une aberration.

S'il est encore accepté par la majorité de l'opinion publique de sacrifier des animaux à des fins alimentaires - correspondant initialement à un "besoin" humain - rares sont ceux qui défendent la souffrance animale au nom d'une recherche esthétique ou de la diffusion d'un message artistique.

Certains esprits pragmatiques tenteront de justifier le sacrifice d'animaux vivants au sein de l'art moderne en soulignant la capacité de ce dernier à inciter, de manière cathartique (et donc, plus efficace ?) à une prise de conscience individuelle.

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Source : Occupyforanimals

Si l'art jouit effectivement d'un pouvoir accusateur extrêmement puissant et dénué de la contrepartie moralisatrice qu'adopte souvent la démarche militante, il ne peut plus, en 2017, s'exempter de toute considération éthique.

Même quand il se veut originellement bien intentionné et cherche à révéler la souffrance animale que les consommateurs refusent de regarder en face, il y échoue tant en appliquant la doctrine qui consiste à combattre le mal par le mal.

C'est le message que veut faire passer l'ONG Justice for Animal Arts Guild (JAAG), qui « s’oppose à l’art nuisant aux animaux ou les exploitant » en développant pour cela «des moyens de soutenir les artistes favorables aux droits des animaux ». Une initiative soutenue par d'autres associations de défense animale comme PETA.

Mais bien plus que philosophique, la question est désormais politique. Il aura fallu attendre 2015 pour qu'une loi française reconnaisse l’animal comme un être « doué de sensibilité », tandis qu'il n'était auparavant considéré que comme un objet. Il convient maintenant à notre société d'accorder à tous les êtres vivants les mêmes droits fondamentaux et d'attacher la même valeur à la vie des animaux qu'à celle de notre propre existence.

En France, l’article 512-1 du Code pénal prévoit une peine maximale de deux ans de prison accompagnés de 30 000 euros d’amende pour les tortionnaires d’animaux. Une peine insuffisante au regard des sanctions réservées à d’autres délits.La Fondation 30 Millions d’Amis a lancé une pétition pour demander que l’article 512-1 du Code pénal soit révisé et que les sanctions soient aggravées. Pour la signer, cliquez ici.

Via : Konbini 

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