Bouches-du-Rhône : 2 lionceaux abandonné devant un parc animalier
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Bouches-du-Rhône : 2 lionceaux abandonné devant un parc animalier

Deux petits lionceaux ont été retrouvés abandonnés devant le parc animalier de l'association ROAAR, à Trets (Bouche-du-Rhône), le 31 décembre 2019.

HHolyDog Desk·7 avr.·4 min de lecture·18k vues

Deux petits lionceaux ont été retrouvés abandonnés devant le parc animalier de l'association ROAAR, à Trets (Bouche-du-Rhône), le 31 décembre 2019. Ils se trouvaient dans deux cages pour chat, comme le rapporte le site d'informations France 3.ROAAR accueille régulièrement des félins en fin de carrière, issus du cirque ; l'abandon des deux lionceaux ne saurait donc être un hasard. Sandrine Le Bris, responsable de l'association ROAAR, explique :

On les a trouvés à 7 h du matin, je pense que les propriétaires les aimaient parce qu'ils ont été bien traités, ils avaient même chacun leur serviette de toilette, une bleue pour le mâle et une rose pour la femelle.

Source : Louis Aubert / FTV

Les deux bébés ont été prénommés Simba et Nala. Une enquête préliminaire a été ouverte pour déterminer le ou les propriétaires des deux animaux. Le parquet d'Aix-en-Provence a décidé de confier l'enquête à un service spécialisé à compétence nationale de la gendarmerie, dans le cadre d'un possible trafic d'animaux sauvages.Fabrice Karcenty, vice-procureur de la République au parquet d'Aix-en-Provence, confie :

Ce sont des enquêtes difficiles. Parce que les origines sont diverses. Est-ce que ces lionceaux sont nés en France, en Europe ou ailleurs ? Ce sont des questions auxquelles les enquêteurs vont devoirs répondre.

En attendant, les deux lionceaux seront confiés à l'association Tonga Terre d'accueil, située à Saint-Martin-la-Plaine, dans la Loire, spécialisée dans l'accueil d'animaux saisis par la justice. Arnaud Lhomme, responsable pour la fondation 30 millions d'amis, déplore :

Ces lionceaux ne pourront jamais redevenir sauvages, ils sont trop imprégnés de l'homme et seront toujours dépendant de lui.

Les lionceaux sont en bonne santé, mais pour Sandrine Le Bris, leur propriétaire s'est vite retrouvé face à l'impossibilité de s'en occuper correctement :

Dans une maison ou un appartement, ça détruit tout ces bêtes là, vous imaginez dans un an, la femelle pèsera 150 kg et le mâle, près de 200 kg. C'est impossible des garder des lions dans ces conditions.

Hélas, ce genre de cas est de plus en plus fréquent, car se développe depuis plusieurs années un trafic d'animaux sauvages destinés à la compagnie. Ce trafic est en partie encouragé par les réseaux sociaux, où de plus en plus de célébrités se font prendre en photo en compagnie de lionceaux, singes et autre animal exotique. Arnaud Lhomme poursuit :

C'est une mode qui vient une fois de plus des Etats-Unis et notamment du milieu du rap. Dans les clips, il faut toujours faire mieux et plus. Il faut avoir l'animal que les autres n'ont pas.

Posséder – illégalement – des animaux sauvages n'est pas à la portée de tout le monde, car il est nécessaire de dépenser d'importantes sommes, comme le précise Fabrice Karcenty :

Des lionceaux, comme ces deux-là, coûtent plusieurs milliers d'euros. Pour les obtenir, ça suppose d'avoir des personnes qui peuvent introduire ces animaux sur le territoire ou qui ont ces animaux de manière légale et qui ont des portées. Ça nécessite aussi d'avoir beaucoup d'argent et de posséder des conditions de transactions assez compliquées pour passer en-dessous des radars.

Les bébés devraient, à terme, rejoindre un sanctuaire d'Afrique du Sud.