Le 16 juin 2023, aux Grandes-Ventes, un chasseur excédé par les chats errants effrayant ses faisans a tiré sur le chat de sa voisine. Gravement blessé, le chat a dû être euthanasié. Jugé le 5 juillet par le tribunal de Dieppe pour sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, l'homme de 71 ans a déclaré :
« Je pensais qu’il s’agissait d’un chat errant. Je voulais juste l’effaroucher en tirant avec ma carabine, mais je n’avais pas l’intention de le tuer. J’ai tiré par nécessité. »
À la barre, le président du tribunal a rappelé au prévenu qu'un tir à 8 mètres avec une carabine 22 long-rifle aurait inévitablement touché le chat. Le substitut du procureur a ajouté : « Pourquoi n’a-t-il pas tiré en l’air ou simplement tapé dans les mains pour faire fuir l’animal ? » Le prévenu a affirmé avoir tenté de s'excuser auprès de la propriétaire du chat, mais celle-ci n’a pas voulu le rencontrer. « Je lui ai envoyé un mot d’excuses », a-t-il précisé.
Des relations de voisinage tendues
Malgré des relations apparemment cordiales entre voisins, l'incident a mis en lumière des tensions sous-jacentes. « Les relations de voisinage se passaient bien ; lui a des chiens et la voisine quatre chats. Lorsque la voisine partait en vacances, c’est l’épouse du prévenu qui s’occupait des chats », a expliqué l'avocate de la partie civile, Me Malec. Elle a demandé 1 500 € de préjudice moral, 765 € de frais de vétérinaire et de crémation, et 600 € de frais de justice.
Le substitut du procureur a qualifié l'acte de cruauté, car l'animal a été spécifiquement visé : « Parce que ce jour-là, il était excédé, il a commis l’irréparable. » Il a requis une amende de 2 000 €, dont 1 000 € avec sursis. Le prévenu, qui n’a pas de casier judiciaire, ne risque pas de récidiver, selon le substitut.
L'avocat de la défense, Me Morival, a plaidé la relaxe en insistant sur l'absence d'intention de nuire au chat de la voisine : « Il n’a pas pris sa carabine pour se faire plaisir. Les faisans se jetaient contre le grillage, ils étaient complètement affolés. Il n’avait aucune intention de faire du mal au chat de la voisine, il pensait que c’était un chat errant. »
Le tribunal a déclaré le prévenu coupable et l'a condamné à 800 € d’amende, dont 400 € avec sursis, ainsi qu’au versement de 400 € à la propriétaire du chat pour le préjudice moral et à 765 € de frais de vétérinaire.


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