Abattoir : un ancien employé témoigne
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Abattoir : un ancien employé témoigne

Chris a travaillé pour l'abattoir de la Sobeval, à Boulazac, durant huit mois.

HHolyDog Desk·7 avr.·3 min de lecture·18k vues

Chris a travaillé pour l'abattoir de la Sobeval, à Boulazac, durant huit mois. Il a démissionné le 20 février 2020, jour choisi par l'association L124 pour diffuser des images tournées en caméra cachée à l'intérieur de l'établissement, comme le rapporte le site d'informations France Bleu.Chris, depuis, n'hésite plus à prendre la parole pour dénoncer les conditions d'abattage des animaux à l'intérieur de l'abattoir. Ce qu'il y a vu l'a profondément traumatisé, au point qu'il a accepté, aujourd'hui, de manifester à visage découvert pour demander la fermeture de son ancien lieu de travail.

Source : France 3 Périgords - Florian Rouliès

Chris s'est également confié au  micro de France Bleu.

La barbarie, l'égorgement, le réveil d'animaux sur les chaines de dépeçage, ce n'est pas normal. J'ai vu des animaux le cou tranché, vomir par la gorge. Ce sont des choses que l'on n'oublie pas. Compte tenu de mes valeurs, je ne pouvais pas continuer à travailler.

C'est la vidéo de L214 qui a été l'élément déclencheur.

Cela faisait des mois que je n'en pouvais plus. Je rentre chez moi, je m'assois sur un canapé pendant des heures en me repassant les images de mes journées de travail.

Source : Radio France - Laurence Méride

L'ancien employé n'a pas seulement pointé du doigt les conditions terribles pour les animaux. Il dénonce également la pression quotidienne que subissent les travailleurs de l'abattoir pour faire du chiffre. Il explique que les salariés doivent abattre entre 90 et 120 animaux à l'heure.

Dans les cas d'extrême cadence ça peut monter jusqu'à 140. Des primes de rentabilité sont distribuées aux employés qui tuent le plus, qui dépècent le plus et qui mettent en barquette le plus vite.

Chris aurait aimé alerter l'opinion publique plus tôt, mais l'abattoir rend la tâche très compliquée aux employés. En effet, ceux-ci sont privés de téléphone portable. Ils sont également surveillés par de nombreuses caméras de vidéo-surveillance. Il poursuit :

De plus, il y a une pression de la hiérarchie et des employés pour ne pas parler de ce qui se passe à l'intérieur.

[embed]https://www.youtube.com/watch?v=e_uBLNjfC3s&feature=emb_title[/embed]Une pression qui, visiblement, s'est accentuée le lendemain de la diffusion de la vidéo. Selon Chris, certains de ses collègues lui ont confié qu'une réunion avait été organisée en urgence. Les dirigeants y auraient promis de retrouver les délateurs.Cela n'aura pas suffi pour empêcher le Ministère de l'Agriculture d'exiger la fermeture temporaire de l'abattoir après une inspection vétérinaire. Les industriels de la viande, eux, réclament la réouverture de l'établissement.

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