6 lions et 74 vautours protégés retrouvés empoisonnés dans une réserve naturelle en Tanzanie
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6 lions et 74 vautours protégés retrouvés empoisonnés dans une réserve naturelle en Tanzanie

Le 14 février 2018, six lions et soixante-quatorze vautours ont été retrouvés morts dans le parc national de Ruaha, en Tanzanie.

HHolyDog Desk·7 avr.·4 min de lecture·18k vues

Le 14 février 2018, six lions et soixante-quatorze vautours ont été retrouvés morts dans le parc national de Ruaha, en Tanzanie. Après examen de la scène, il semblerait qu'ils aient été tués dans un acte de vengeance après avoir mangé une vache empoisonnée.

massacre lions tanzanie

Source : Ruaha Carnivore Project

C'est une scène désolante à laquelle ont assisté les membres du Ruaha Carnivore Project, un programme de conservation des grands carnivores. Alertés par le collier traceur d'une lionne équipé d'un "signal de mortalité", ils se sont immédiatement rendus sur place pour découvrir pas moins de 4 lionnes et 2 jeunes mâles ainsi que 74 vautours d'une espèce "en danger critique" morts des suites d'un empoisonnement.De toute évidence, les animaux se seraient nourris d'une vache retrouvée à proximité des corps sans vie des animaux. Les chercheurs et autorités tanzaniennes envisagent fortement la piste de représailles de la part de fermiers locaux, après que les lions aient attaqué leur bétail.Le groupe a publié sur sa page Facebook des photos navrantes des animaux totalement figés, sur le dos et les pattes en l'air, en train d'être examinés par les chercheurs.

massacre vautours tanzanie

Source : Ruaha Carnivore Project

Malheureusement cette situation est loin d'être un cas isolé, puisque les conflits entre fermiers et animaux sauvages ne cessent de croître, comme l'explique le groupe :

C'est alarmant, mais l'empoisonnement est une réponse habituelle aux conflits de ce genre, et ceci illustre l'importance de la prévention des attaques de carnivores sur le bétail, qui permet d'éviter les représailles. Les bovins sont très importants pour les fermiers locaux, et les carnivores peuvent causer des difficultés économiques et culturelles lorsqu'ils attaquent le bétail. Et la plupart du temps, quand les gens n'ont rien à tirer des lions, ils envisagent plus facilement de les tuer.

Entre 1993 et 2014, en raison de la perte d'une partie de leur habitat naturel et de vendettas de ce type, la population des lions d'Afrique a chuté de 43%.Aujourd'hui, on compte environ 20 000 lions en liberté, dont seulement le quart vivent dans des zones protégées.Créé par l'unité de recherche de la conservation de la faune sauvage de l'Université d'Oxford il y a maintenant 9 ans, le RCP oeuvre pour la conservation des carnivores mais travaille également à l'amélioration du conflit entre faune sauvage et riverains.

Les événements de ce genre sont certes alarmants, mais ils mettent surtout en évidence l'importance de notre programme de colliers. Sans ces colliers, nous avons peu de chances de savoir que de tels incidents se sont produits, surtout c'est arrivé dans des endroits reculés. [...] Cette épreuve difficile nous rappelle l'impact que peut avoir le conflit entre fermiers et carnivores sur la faune sauvage. [...] Toute l'équipe a été très affectée par cet événement.

De plus en plus de cas de représailles ont été constatés ces derniers temps dans des zones réunissant à la fois des réserves naturelles ou des lieux abritant des animaux sauvages, et des zones d'exploitation fermière telles que des troupeaux de bétail ou des plantations.Pour rappel, le mois dernier, un orang-outan avait été décapité et tué à Bornéo par deux fermiers travaillant sur une plantation de caoutchouc. Un triste événement qui rappelle que ces conflits doivent cesser.En France, l’article 512-1 du Code pénal prévoit une peine maximale de deux ans de prison accompagnés de 30 000 euros d’amende pour les tortionnaires d’animaux. Une peine insuffisante au regard des sanctions réservées à d’autres délits.La Fondation 30 Millions d’Amis a lancé une pétition pour demander que l’article 512-1 du Code pénal soit révisé et que les sanctions soient aggravées. Pour la signer, cliquez ici.