Ardennes : prison avec sursis pour un chasseur de grenouilles rousses

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Trois hommes, un père et ses deux fils, comparaissaient le 25 septembre 2019 devant le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières. Motif ? Ils ont capturé et tué des milliers de grenouilles rousses, espèce pourtant protégée, comme le rapporte le site d’informations France 3.

 

Une association, One Voice, s’est constituée partie civile lors du procès après avoir porté plainte. Lors de la perquisition du domicile des prévenus, en mars 2018, les autorités ont retrouvé plusieurs milliers d’animaux, ainsi que du matériel de chasse. L’association explique :

 

19 nasses, 2 grandes paires de ciseaux, 35 pots de 70 paires de cuisses, 32 kilos d’œufs d’amphibiens (officiellement destinés à être remis dans leur milieu naturel), 19 grenouilles vertes (rana esculanta, officiellement capturées par erreur) et 1679 grenouilles rousses vivantes (« pour les consommer fraîches plus longtemps »), ainsi que … 2.954 autres déjà amputées de leurs pattes arrière mais qui respiraient encore !« 

 

Source : Luc Simon/BENELUXPIX/MAXPPP

 

La famille de braconniers était surveillée depuis 2015, après le signalement d’allers-retours constants et suspects. Lors du procès, le père explique :

 

En tout, on est 10 personnes dans la famille, je fais des pots de 60 ou 70 grenouilles et on fait des poêlées pour les enfants. 150 d’un coup pour un seul repas, c’est normal, on en a mangé tous les jours et c’étaient des fraîches.

 

Virgil Delatre, membre de l’association One Voice, déclare de son côté :

 

On a eu l’information de cette affaire suite à la visite de l’Office National des Forêts et de la Chasse chez ce monsieur et ses deux fils. […] Nous, One Voice, association de défense des animaux, avons décidé de nous porter partie civile dans cette affaire, face à l’ampleur de la cruauté et de l’horreur découverte par les agents.

 

Source : Pixabay

 

Il poursuit :

 

La grenouille rousse est interdite à la pêche, c’est une espèce protégée par la convention de Berne. C’est donc du braconnage. Ces personnes-là s’en sont prises à des grenouilles rousses, ils en ont laissé 3000 vivantes après les avoir mutilées et avoir arraché à vif les pattes arrières.

 

Le père avait semble-t-il mis au point une méthode infaillible et efficace, qui, selon ses dires, lui permettait de capturer 100 grenouilles à l’heure. Il a tenu à se défendre en affirmant avoir aussi contribué aux sauvetages de batraciens :

 

Les années, quand il n’y avait pas assez d’eau, j’ai préservé les couvains. J’ai remis à l’eau avec un râteau des couvains et des milliers de têtards.

 

Le père a finalement été condamné à deux mois de prison avec sursis et 1600 euros de dommages et intérêt en action civile. Les fils ont obtenu la relaxe. Cem Alp, avocat de One Voice, a conclu, à la fin du procès :

 

Ce sont des petits pas en ce qui concerne le droit animalier, mais le tribunal a reconnu qu’il y a une réglementation en la matière qui n’a pas été respectée et que, ce n’est pas parce qu’il s’agit ici d’amphibiens et pas de chats ou de chiots qu’il n’y a pas de reconnaissance (êtres vivants et sensibles).

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