Animaux égorgés à vif, suspendus vivants : l’enfer de l’abattage sans étourdissement en France

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Ce mardi 20 septembre, l'association L214 rend publiques de nouvelles images choc tournées tout récemment dans un abattoir de Nouvelle-Aquitaine à l'occasions des abattages rituels de moutons pour la fête religieuse de l’Aïd el-Kébir.

 

Le 12 septembre, date à laquelle les images ont été capturées, plusieurs milliers de mouton ont été abattus dans cet établissement qui est l'un des plus grands de France.

 

(Attention : les images sont difficiles) 

 

 

La séquence est difficile. On y découvre des moutons bloqués dans un goulot d'étranglement étroit se faire égorger à vif et en pleine conscience. Quelques secondes plus tard, ils sont accrochés par une patte alors qu'ils se débattent encore et se vident de leur sang.

 

Parce qu'ils ne sont pas étourdis, les animaux s'agitent et se contorsionnent, rendant les manipulations des ouvriers de l'abattoir hasardeuses. "Un océan de souffrance", commente l'association L214 qui n'en est pas à ses premières révélations sur le calvaire des animaux dans les abattoirs.

 

l214-abattage-etourdissement-4Source : L214

 

Davantage de douleur et de stress que l'abattage conventionnel

 

L214 tient à souligner que l’abattage sans étourdissement n’a pas "le monopole de la cruauté". Les précédentes enquêtes de l'association ont en effet déjà pointé l'horreur des abattoirs, que les animaux y soient étourdis ou non.

 

Mais pour Brigitte Gothière, porte-parole, le fait que les bêtes soient mises à mort en pleine conscience représente tout de même une source supplémentaire de souffrance. Elle explique dans un communiqué de presse  :

 

C’est une pratique reconnue par la communauté scientifique et vétérinaire comme provoquant davantage de douleur et de stress qu’un abattage avec étourdissement

 

En France, la loi autorise l'abattage sans étourdissement par dérogation prévue dans le cadre du libre exercice du culte qui s'applique à l'abattage rituel, qu'il soit halal ou casher.

 

l214-abattage-etourdissement-11Source : L214

 

 

"Il est temps de placer les animaux au centre du débat"

 

L214 déplore par ailleurs que les "raccourcis" soient nombreux sur le sujet de l'abattage rituel et qu'ils ne permettent pas un débat de qualité où le sort réservé aux animaux serait au premier plan :

 

Opposer par principe « abattage religieux » et « étourdissement » en ignorant que l'étourdissement est accepté dans certains pays majoritairement musulmans (comme l'Indonésie ou la Jordanie) ne favorise pas le dialogue et l'évolution vers des règles d'abattage qui rendraient l'étourdissement systématique. Il est toutefois temps d’avancer et de placer les animaux au centre du débat.

 

Une pétition pour interdire l'abattage sans étourdissement

 

Pour cette raison, L214 lance une pétition adressée au Premier Ministre Manuel Valls réclamant l'interdiction de l'abattage sans étourdissement. "L’interdiction de la mise à mort d’animaux sans étourdissement est la moindre des choses", ajoute l'association.

 

Pour signer la pétition, cliquez ici (ou sur l'image ci-dessous).

 

l214-abattage-etourdissement-6

 

L'enquête parlementaire sur les abattoirs rend ses conclusions : vers la vidéosurveillance généralisée ?

 

Cette nouvelle enquête est publiée à l'heure où la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie rend son rapport très attendu faisant suite à plusieurs mois d'investigation. Les députés ont compilé 65 propositions pour améliorer les conditions de mise à mort des animaux ainsi que le bien-être des salariés.

 

Leur objectif : remédier à "l’insuffisance des contrôles des abattoirs et de transparence".

 

Comme mesure phare, ils recommandent ainsi de rendre obligatoire le contrôle par vidéosurveillance dans tous les abattoirs de France. Une évolution importante que de nombreuses associations appelaient de leurs voeux depuis plusieurs années.

 

L214 a salué le travail réalisé par cette commission tout en déplorant qu'elle n'ait jamais posé la question de la mise à mort des animaux. Brigitte Gothière continue :

 

L’existence de cette commission d’enquête est une bonne chose, puisqu’elle a élevé à un niveau politique la question animale, qui devient un sujet sérieux. Mais on aurait aimé que la réflexion porte sur pourquoi on tue les animaux. La commission s’est censurée sur ce point dès le départ. […] La France abat trois millions d’animaux par jour. Il faudrait réfléchir à ces chiffres colossaux et voir comment les limiter. On attend la prochaine personnalité politique qui osera remettre en cause notre modèle alimentaire.

 

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