Allain Bougrain-Dubourg : « Nous progressons vers des relations plus respectueuses à l’égard du monde animal »

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Du 30 septembre au 1er octobre se tiendra "L'animal en marche", un cycle de conférences dédié aux animaux de compagnie avec pour objectif de mieux les comprendre, les aimer et de leur offrir une meilleure place dans la société.

 

Le colloque accueillera un grand défenseur de la cause animale et de la faune sauvage : Allain Bougrain-Dubourg, qui a choisi d'y faire un état des lieux de la biodiversité.

 

Mais quel rapport avec les animaux domestiques ? Il nous l'explique !

 

Source : Mediapart

 

Holidog Times. Vous êtes évidemment sensible à tous les combats liés à la défense de l'animal, mais on vous connaît davantage pour la défense des oiseaux bien sûr, et des animaux sauvages en général. Qu'est-ce qui vous interpelle et vous étonne dans la relation que nous entretenons aujourd'hui avec nos animaux de compagnie ?

 

Allain Bougrain-Dubourg. On assiste à un paradoxe : d'un côté, la France se positionne comme l'un des pays les plus en proximité avec les animaux de compagnie, de l'autre, elle reste finalement assez indifférente aux maltraitances. Certes, ces dernières génèrent une grande émotion, voire une révolte, mais je ne constate pas d'élan assez puissant pour faire réagir les décideurs sans attendre.

 

À croire que le possesseur d'animal, qui n'hésite pas à afficher son affection pour son propre compagnon, reste finalement assez indifférent au sort des autres animaux. Comme s'il n'était pas concerné…

 

Source : Sud-Ouest / Nicolas Lelièvre

 

On « reproche » souvent aux chiens mais surtout aux chats, leur impact sur la biodiversité (chasse d'oiseaux, de petits rongeurs, etc). Quel est votre avis sur cette problématique ?

 

Très clairement, on ne peut nier que ce sont les chats qui impactent prioritairement la biodiversité. Les études menées aux Etats-Unis, en Australie ou encore en Angleterre montrent des prélèvements considérables. En France, ils sont évalués à quelque 75 millions d'oiseaux par an, sans parler des petits mammifères ou des reptiles.

 

Cela dit, une fois que l'on a fait ce constat, je refuse la conclusion qui conduit à questionner « pour ou contre les chats ? ». Il faut, tout au contraire, chercher les meilleures méthodes de cohabitation.

 

C'est pourquoi la LPO, en collaboration avec le Muséum National d'Histoire Naturelle et le groupe Mars, a initié une étude pour proposer, notamment, des solutions capables d'éloigner les chats des sites sensibles (mangeoires, nichoirs, etc…) et cela réduit considérablement le niveau de prédation.

 

Cette étude conduit également à souhaiter l'accélération de la stérilisation de tous ces petits chats errants qui ne trouvent pas leur bonheur sans des maîtres attentifs.

 

Source : Fête de la nature

 

Le point clé qui relie la biodiversité au thème de ce colloque, à savoir la bonne vie des animaux de compagnie, c'est finalement la question du vivre ensemble ? Vous avez d'ailleurs par le passé présenté une émission avec la philosophe Elizabeth de Fontenay sur France Inter, qui s'appelait « Vivre avec les bêtes ».

 

La vie entre humains et animaux, même domestiques, n'est pas si simple alors que nous sommes tous des êtres vivants, que nous avons tous une place dans le même écosystème. Mais nous, humains, avons de grandes difficultés à respecter son équilibre, et celui des animaux qui nous entoure. Pourquoi à votre avis ?

 

Je crois que l'un des handicaps qui affecte la cohabitation harmonieuse avec l'animal, c'est que la ville (nous vivons majoritairement en ville !) n'a jamais été conçue en intégrant l'animal. On a pensé la voiture, le vélo, les transports collectifs, les lieux de loisirs (espaces verts)… pas l'animal.

 

Source : AFP

 

Et lorsque des municipalités (de plus en plus nombreuses) ont pris conscience de cette lacune, il leur a fallu faire des aménagements « acrobatiques » pour répondre aux besoins.

 

On retrouve cette même indifférence à l'égard de la faune sauvage, de la biodiversité. Elle n'est pas intégrée à notre mode de vie dans un esprit de partage, elle doit se soumettre.

 

Bientôt, on donnera des labels à des campings sans fourmis ! Ce dédain, voire cette dualité, entre l'homme et l'animal est beaucoup plus marquée dans les pays méditerranéens (dont la France) que chez ceux du nord. Affaire de culture…

 

Source : France 2

 

Comment cette relation, ce « vivre ensemble », ce « vivre avec les bêtes », peut-il évoluer ? Quelles sont selon vous les clés, les pistes pour qu'elle évolue vers une meilleure compréhension ?

 

Nelson Mandela disait « La seule arme que l'on puisse utiliser pour changer le monde, c'est l'éducation ». Ce point de vue s'applique à notre relation aux animaux. Il convient, sans tarder, de sensibiliser les écoliers, dès le plus jeune âge. Cette pédagogie profitera plus généralement, du reste, aux relations avec autrui.

 

Le docteur Schweitzer aimait rappeler cette phrase « L'enfant qui saura caresser l'animal saura, plus tard, tendre la main à son semblable ».

 

Source : France 2

 

Voyez-vous l'avenir de l'animal, et de l'homme (qui dépend de celui de l'animal et de la nature, même s'il se refuse parfois à le voir) avec optimisme ? Faut-il, pour paraphraser le titre de votre dernier ouvrage, et faire un petit clin d'oeil au titre de ce colloque, « continuer de marcher »* vers un meilleur équilibre entre l'homme et la nature ? Est-ce un futur possible ?

 

En ce début de millénaire, nous avons davantage conscience de la nécessité de respecter nos voisins de planète, les animaux. Reste que pour dessiner un futur meilleur, il faut surmonter la puissance des lobbys qui restent hostiles à cette nécessaire évolution.

 

Pendant longtemps, on a cru que le citoyen avait le pouvoir de changer les choses, notamment par un bulletin de vote. Mais l'offre des politiques en faveur des animaux est insuffisante, timide, à la marge. Je crois beaucoup plus dans le pouvoir des consommateurs. Ce sont eux qui peuvent, par exemple, rejeter les œufs issus d'élevages en batterie.

 

Et ça marche ! Le bio que l'on prétendait réservé aux « bobos fortunés » a fait son entrée dans les grandes surfaces et s'impose aujourd'hui (notamment pour des raisons sanitaires). Concernant les animaux, il faudra que le bio ne s'en tienne pas seulement à l'élevage mais intègre également le transport et l'abattage des bêtes. Le bio ne doit pas se laver les mains des ultimes épreuves de l'animal.

 

En conclusion, et votre colloque en témoigne, nous progressons vers des relations plus respectueuses à l’égard du monde animal. Mais il ne suffit plus de « continuer à marcher », il faut désormais courir vers le respect, car la souffrance animale relève de l'urgence.

 

Il faut continuer de marcher, mémoires, par Allain Bougrain-Dubourg, éditions de la Martinière.

 

Pour obtenir plus d'infos et réserver votre place au colloque L'Animal en Marche, cliquez ici.

 

* * *

 

Chez Holidog, nous voulons améliorer la vie de nos compagnons : nous vous permettons de le laisser en famille d’accueil pendant vos voyages (testez la garde), de le combler avec une box chaque mois (une box offerte ici) et de lui donner le meilleur avec notre nouveau service d’alimentation ultra-premium livré en 1h (découvrez nos repas pour chien et chat). Merci de nous faire confiance !

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