Aicko, le jeune dauphin captif, vient de mourir prématurément. Une association porte plainte

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Sa vie s'est achevée alors qu'il n'avait que six ans. Le 6 novembre dernier, Aicko, un dauphin mâle retenu captif du parc animalier Planète Sauvage situé près de Nantes (Bretagne), s'est éteint. L'association One Voice a déposé plainte auprès du parquet de Nantes pour maltraitance.

 

aicko-dauphin-planete-sauvage-4Source : One Voice

 

Selon l'annonce des responsables de l'établissement, il serait décédé des suites d’une "maladie". Martin Boye, responsable scientifique de la Cité marine de Planète sauvage, explique :

 

On s’est aperçu il y a près d’un mois qu’il mangeait moins bien et maigrissait. Des traitements ont été mis en place en lien avec des spécialistes de la faune marine mais nous n’avons pu le sauver. C’est un choc pour toute l’équipe des soigneurs. Ce sont malheureusement des choses qui arrivent dans un parc animalier.

 

aicko-dauphin-planete-sauvage-2Source : One Voice

 

Le corps "entièrement couvert de coups de dents"

Une explication qui ne satisfait pas les associations de défense des animaux, au premier rang desquelles One Voice et le collectif "C'est Assez", qui pointent la profonde détresse d'Aicko. Dans un article paru dans Paris Match, la journaliste Anne-Cécile Baudoin rappelle qu'Aicko est né au Parc Astérix en 2010 et qu'il a été arraché à sa mère en janvier 2015, pour être cédé à Planète Sauvage, devenant l'un des neuf dauphins tursiops du parc aquatique.

 

aicko-dauphin-planete-sauvage-3Source : Planète Sauvage / DR

 

Malheureusement, la greffe ne prend pas et Aicko devient vite le "souffre-douleur des autres dauphins", selon les termes de Muriel Arnal, présidente de One Voice. L'association commissionne alors l'inspection de Naomi Rose, docteur en biologie animale de l'Université de Californie à Santa Cruz et l'une des plus grandes spécialistes mondiales des enjeux liés à la captivité des mammifères marins.

 

À l'issue de ses visites, elle délivre un rapport où l'on peut notamment lire :

 

Je n’ai jamais observé dans ma carrière un dauphin aussi maigre en captivité. Il a distinctement un cou et un crâne en forme de cacahuète, symptômes de l’insuffisance pondérale chez les delphinidés. Son corps est entièrement couvert de coups de dents en râteau beaucoup plus profond que ceux d’aucun autre dauphin dans le bassin. […] [Ces marques] sont la preuve manifeste d’un problème de bien être animal.

 

Contacté par Paris Match, le parc aurait contesté le contenu de ce rapport. Pourtant, l'association One Voice a publié des images douloureuses datées du 2 novembre montrant Aicko à l'isolement dans un bassin dédiés aux soins intensifs. "Isolé du groupe des adultes qui l'avaient pris comme souffre-douleur, Aïcko en grande souffrance tournait en rond et frappait l'eau de sa queue, comme un appel au secours", précise Muriel Arnal, la présidente de One Voice. Quatre jours plus tard, le jeune dauphin est décédé.

 

 

Le quatrième dauphin décédé chez Planète Sauvage

Aïcko est le quatrième dauphin à trouver la mort au parc Planète Sauvage depuis son ouverture, en 2009. En 2011, Théa est décédée à l'âge de 19 ans. L'année d'après, c'est au tour de Minimos, 8 ans, de mourir prématurément. En août 2015, un jeune dauphin âgé de seulement douze jours a été tué par les coups d'un congénère

 

Mettre un terme à "l'esclavage des cétacés"

Ce nouveau décès n'a pas manqué d'aviver la colère des associations et des opposants aux delphinariums. Le collectif "C'est Assez" a ainsi appelé à un rassemblement le 10 novembre dernier devant le parc aquatique "pour alerter les visiteurs et l'opinion publique […] sur cet évènement tragique".

 

"Les delphinariums portent atteinte à la dignité des cétacés qu'ils maintiennent captifs, a regretté de son côté Muriel Arnal au nom de One Voice. Ces animaux sont dans un tel état de stress et de frustration qu'ils agressent le plus faible d'entre eux. Il y a déjà eu trop de drames. Il est temps de fermer les delphinariums et de mettre définitivement un terme à l'esclavage des cétacés".

 

aicko-dauphin-planete-sauvage-9Source : Planète Sauvage / DR

 

Les delphinariums interdits dans 12 pays européens

Planète sauvage est l’un des trois parcs de France métropolitaine retenant des dauphins à des fins de divertissement, avec le Marineland d'Antibes et le Parc Astérix.

 

En Europe, 12 pays ont déjà banni les delphinariums. La France affiche un grand retard sur la question malgré le rejet de plus en plus grand de ces parcs de divertissement de la part de l'opinion publique, renforcé notamment par le documentaire à charge Black Fish sorti en 2013.

 

Pour faire avancer les choses, l'association One Voice a lancé une pétition demandant la fermeture des delphinariums en France et a déjà rassemblé plus de 15 000 signatures. Pour ajouter la vôtre, cliquez ici. Vous pouvez également faire un don à la fondation américaine Orca Research Trust, qui s’occupe des orques en milieu naturel et conduit de nombreuses recherches sur leur mode de vie.

 

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